21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 22:33

Il se prend pour Dieu... Mais Dieu a horreur de la concurrence...

titre original "Re-animator"
année de production 1985
réalisation Stuart Gordon
scénario Dennis Paoli et William Norris,
  d'après la nouvelle "Herbert West, réanimateur" de H.P. Lovecraft (1921)
musique Richard Band
production Brian Yuzna
interprétation Jeffrey Combs
   
récompense Mention spéciale horreur au festival international du film fantastique d'Avoriaz 1986
   
suite "Re-animator 2", Brian Yuzna, 1989


La chronique de Gilles Penso : cliquer ici.


La critique de Pierre

Au début, il y avait Lovecraft, auteur des années 30 et père de la littérature d'horreur. Le maître de l'angoisse suggérée, de la description de l'indicible. En 1985, il s'est passé ça : "Re-animator". Comment en est-on arrivé là ? Qui a pu tranformer Lovecraft pour en faire ce délire gore sanguignolant ? Tout simplement ce mec : Brian Yuzna, a.k.a. le prince de la série B d'horreur fauchée.

D'abord producteur, il a engagé le jeune Stuart Gordon pour réaliser ce splendide "Re-animator", qui m'a donné certains moments parmi les plus beaux de mes mercredis après-midi vidéo-club des années 80.

Alors, bien sûr, je joue les vierges outragées parce qu'au final, ça n'a rien à voir avec Lovecraft. Mais soyons honnête : on n'en a rien à branler, c'est juste un film hyper fun (je dis ça parce que je l'ai revu hier soir).

Le pitch est marrant : Herbert West, jeune étudiant en médecine génial, mais hyper prétentieux, arrive à l'université de Miskatonic et y expérimente son merveilleux sérum fluo qui rend la vie aux morts - sauf que ces derniers se réveillent de méchante humeur. Il en va ainsi du Docteur Hill, ancien prof de médecine de West, qui se réveille la tête coupée. Heureusement, son corps lui permet de se déplacer, voire de pratiquer des cunni dans une scène anthologique.

En plus d'être très, très gore, c'est un excellent cocktail entre l'humour et le macabre, très bien rythmé, à mon sens aussi bon que le classique "Braindead" de Peter Jackson (quand est-ce qu'il se remet à faire des films un peu moins lisses, lui ?). Et la BO du générique est un pompage années 80 de celle de "Psychose", c'est assez rigolo.

L'année suivante, Yuzna, Gordon et Jeffrey Combs ont tous les 3 remis le couvert pour une autre "adaptation" de Lovecraft : "Aux portes de l'au-delà", dont j'ai déjà parlé.


La critique de Didier Koch

Ayant connu deux suites ("Re-animator II, la fiancée de Re-animator" en 1989 et "Beyond Re-animator" en 2003), "Re-animator" de Stuart Gordon a acquis un statut de film culte auprès des amateurs du genre gore.

Gore, "Re-animator", vaguement adapté d’une nouvelle de H.P. Lovecraft ("Herbert West le réanimateur") l’est certainement, mais très joyeusement, inspirant sans conteste l’imagerie qui sera la marque de fabrique de la fameuse série "Les contes de la crypte" qui naîtra quatre ans plus tard au sein de la chaîne HBO.

Hebert West (Jeffrey Combs), sorte de Docteur Frankenstein complètement débridé, sème la terreur dans tous les hôpitaux où il passe, se livrant sans retenue à ses expériences pour redonner vie, à l’aide d’une seringue miracle, à tous les macchabées qu’il peut trouver. On est loin, très loin de l’atmosphère gothique des films de James Whale, où l’immense Boris Karloff incarnait une reconstitution tragique et pathétique de l’être humain.

La seringue injecte une substance verdâtre et translucide qui nous met en présence de morts-vivants déchaînés. C’est un festival de têtes coupées et de tripes arrachées dans l’allégresse, donnant lieu à des situations cocasses et originales comme celle où le rival de Herbert West, incarné par le génial David Gale, commande son corps sans tête pour tenter d’abuser de la jeune femme de ses rêves.

L’outrance de Stuart Gordon et de son producteur Brian Yuzna qui réalisera les deux suites, inédite à l’époque, sera assez froidement accueillie aux Etats-Unis où, depuis l’avènement de George Romero en 1968 ("La nuit des morts-vivants"), les films de morts-vivants sont une affaire sérieuse. En Europe, où sévissent déjà Lucio Fulci et autres Dario Argento, le film deviendra vite culte après des récompenses dans divers festivals spécialisés.

Le style débridé des deux « bad boys » inspirera, en 2004, un autre duo d’iconoclastes venus d’Angleterre (Simon Pegg et Edgar Wright), qui écrira le jouissif "Shaun of the dead", où une tonalité carrément punk donnera ses galons de noblesse définitifs à la parodie du film de morts-vivants.

A conseiller uniquement aux amateurs du genre, adeptes d'une bonne dose de dérision.

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