7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 19:29

titre original "The Hidden"
année de production 1987
réalisation Jack Sholder
scénario Jim Kouf
interprétation Michael Nouri, Kyle MacLachlan
   
récompenses • Prix du meilleur acteur pour Michael Nouri au festival international de Sitges 1987
  • Grand prix au festival international du film fantastique d'Avoriaz 1988


La chronique de Gilles Penso : cliquer ici.


Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Grand prix au festival du film fantastique d'Avoriaz, cette série B est autant un thriller qu'un film de science-fiction. C'est nerveux, sans temps mort, haletant.


Un savant dosage de SF et d'action (la critique de Pierre)

On n'attendait pas forcément grand chose du metteur en scène de "Dément" et de "Freddy 2". Et pourtant, ce réalisateur pas très estimé a créé la surprise lors du festival d'Avoriaz 1987, en obtenant le grand prix, devant l'ultra-favori "RoboCop".

Le pitch : un monstrueux extra-terrestre investit les corps des humains et a la faculté de se déplacer d'hôte en hôte. Il est combattu par Back, un super-flic, ainsi que par Lloyd, un énigmatique agent du FBI...

Franchement, ça ne fait jamais de mal de le revoir : poursuites en voitures, hard-rock FM pourri, effets spéciaux visqueux et strip-teaseuses, c'est un splendide cocktail, qui bénéficie en outre de Kyle MacLachlan, dans son seul premier rôle en dehors de David Lynch.

Dommage en tout cas que personne n'ait transformé l'essai : ce film annonçait une brillante carrière pour Sholder. En fait, c'est le dernier truc bien qu'il ait fait. Quant à MacLachlan, il a joué dans "Twin Peaks", et puis rien de marquant ensuite ("Showgirls"). Dommage.


La critique de Didier Koch

"Hidden" occupe solidement depuis près de trente ans la place de film culte parmi les adeptes du film d'horreur (Grand Prix du festival d'Avoriaz en 1988). Chaque nouvelle vision de ce concentré de transgression violente ne dément pas la flatteuse réputation du second métrage important de Jack Sholder après qu'il ait assuré la réalisation du deuxième volet des aventures de Freddy Krueger ("La revanche de Freddy" en 1985).

L'histoire toute simple imaginée par Jim Kouf (déjà auteur du scénario d'"Etroite surveillance" de John Badham en 1987) à qui Jack Sholder n'oublie pas de rendre hommage, met en scène deux extra-terrestres égarés sur Terre qui se livrent une poursuite à mort en empruntant chacun tel Bernard l'Hermite des enveloppes humaines dont l'un des deux, le méchant, se débarrasse promptement pour en rechercher aussitôt une autre.

Selon un mode opératoire répétitif un quidam jusqu'alors sans histoire soudain doté d'une force surpuissante et d'un esprit plus que belliqueux surgit brutalement dans une grande cité, tuant tout ce qui lui fait obstacle. Inutile de dire que les polices locales sont passablement en déroute. C'est dans ce contexte pour le moins chahuté que le lieutenant Tom Beck (Michael Nouri), flic à L.A., fait la connaissance d'un mystérieux agent du FBI (Kyle MacLachlan) qui semble en savoir beaucoup sur le mode opératoire de ce tueur spontané dont la seule particularité est d'adorer les Ferrari.

Commençant par une poursuite automobile dantesque, le film se déroule ensuite sur un rythme soutenu généré par la traque sans relâche des tueurs successifs dont certaines enveloppes corporelles sont terrifiantes notamment celle interprétée par le massif William Boyett dont le regard illuminé ne s'efface pas de sitôt de la mémoire du spectateur. Tour à tour, la créature prendra l'apparence d'un candidat sénateur, d'une stripteaseuse (Claudia Christian, ex-miss Playboy) ou même d'un chien.

Ce buddy movie d'un genre très spécial bénéficie de la présence du toujours très énigmatique Kyle MacLachlan, alors acteur fétiche de David Lynch ("Blue Velvet", "Dune","Twin Peaks"), et de celle du très suave Michael Nouri encore auréolé du succès planétaire de "Flashdance" (Adrian Lyne, 1983) qui se voyant un destin de star rendit la vie impossible à Jack Sholder sur le tournage. La réputation du film restant aujourd'hui un des seuls faits d'armes de Michael Nouri a permis d'aplanir le différent entre les deux hommes.

 

Pourquoi "Hidden", au final assez simple tant du point de vue narratif qu'esthétique, fait-il aussi peur ? Peut-être parce au-delà de l'évidente percussion de la mise en scène sans fioritures et teintée d'humour (la scène chez le marchand de voitures) de Sholder, chacun d'entre nous renferme au fond de lui la crainte irraisonnée d'une perte de contrôle de ses sens aux conséquences dévastatrices ?

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