3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 12:05

titre original "On golden pond"
année de production 1981
réalisation Mark Rydell
scénario Ernest Thompson, d'après sa propre pièce
musique Dave Grusin
interprétation Henry Fonda, Katharine Hepburn, Jane Fonda, Doug McKeon
   
récompenses • Oscar du meilleur acteur pour Henry Fonda
  • Oscar de la meilleure actrice pour Katharine Hepburn
  • Oscar du meilleur scénario adapté


Critique extraite de 50 ans de cinéma américain de Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon

Une pièce superficielle, platement photographiée par Mark Rydell, qui traite de façon banale un sujet grave : la vieillesse et l'approche de la mort. A voir uniquement (mais absolument) pour le trio Katharine Hepburn-Henry Fonda-Jane Fonda.


La critique de Didier Koch

Mark Rydell est un réalisateur très parcimonieux de son talent, ayant réalisé seulement une douzaine de films en quarante ans de carrière. En 1981, après le succès mondial de "The Rose", la biographie à peine masquée de Janis Joplin qui avait révélé la chanteuse Bette Midler comme actrice, il met en scène un trio d'acteurs magique pour l'adaptation d'une pièce de théâtre d'Ernest Thompson, qui relate les rapports conflictuels entre un père âgé et sa fille. Henry Fonda et sa fille Jane ont sauté sur l'occasion pour apparaître pour la première et unique fois ensemble à l'écran.

La pièce revêt en partie un caractère autobiographique pour le clan Fonda, et ce n'est qu'en toute fin de vie, se sachant condamné par la maladie que l'acteur, homme secret et taciturne, accepte à travers ce dernier film de lever un peu le voile de sa vie privée tumultueuse (la mère de Jane Fonda se suicida en se tranchant la gorge en 1950).

La grande Katharine Hepburn, qui a, elle aussi, partagé la vie d'un acteur au caractère ombrageux en la personne de Spencer Tracy, n'a eu aucun mal à se glisser dans le personnage de l'épouse compréhensive, rodée à l'exercice du jeu de tampon entre les caractères volcaniques du père et de la fille trop pudiques pour se dire qu'ils s'aiment.

Le film a fait moisson presque pleine aux Oscars de 1982 (meilleur acteur, meilleure actrice et meilleur scénario). Sans doute un peu attendu dans sa description du couple, le film n'omet pourtant pas de nous rappeler que s'il n'est jamais trop tard pour pacifier ses rapports avec les siens, et qu'il est certainement dommage d'attendre les échéances extrêmes pour fendre l'armure. "La maison du lac" récompense donc un immense acteur d'Hollywood qui n'avait jamais été couronné par les siens (une seule fois nommé en 1941 pour "Les raisins de la colère" de John Ford), et la critique y a vu comme un Oscar d'honneur, jugeant le film trop larmoyant.

Après les plus de trente ans qui ont suivi la sortie de "La maison du lac", on peut constater que le film s'est bonifié avec le temps grâce à son sujet intemporel, mais aussi et surtout grâce au jeu des trois monstres sacrés qui sont troublants de vérité. A signaler la performance assez juste du jeune Doug McKeon, qui interprète le petit-fils par alliance qui va contribuer à rapprocher les deux volcans en fusion.

"La maison du lac" sera le plus haut fait d'armes de Mark Rydell qui, bizarrement, verra sa carrière lentement d'étioler.

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