6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 23:00

titre original "The Presidio"
année de production 1988
réalisation Peter Hyams
photographie Peter Hyams
interprétation Sean Connery, Mark Harmon, Meg Ryan, Rick Zumwalt


La critique de Didier Koch

Cinéaste assez peu prolifique, Peter Hyams s’essaye, en cette fin des années 80, au polar stylisé popularisé par Ridley Scott, Peter Yates, Taylor Hackford, avec des films comme "Traquée", "Suspect dangereux" ou "Contre toute attente". Beaucoup de réalisateurs de renom auront cédé avec plus ou moins de succès à cette mode venue de la publicité et du clip, qui envahira les écrans durant la décennie. C’est ainsi que les Lumet, Pollack, Penn, Rafelson, Kasdan auront tâté du polar branché, où les images léchées et la musique post disco supplantent parfois des scénarios peu imaginatifs offrant une psychologie des personnages assez basique ou pour le moins stéréotypée.

On est ici en plein dans le créneau, et Yates a choisi, pour ravir nos yeux, de placer son action sur la base militaire du Presidio à San Francisco. Sean Connery, alors au sommet de sa carrière après son petit passage à vide des années 70, prête sa haute stature à ce colonel un peu rigide, mais droit comme un i, qui doit veiller à la réputation de son régiment depuis qu’une militaire s’est faite assassiner lors d’une ronde. Le beau Sean porte magnifiquement l’uniforme, ce que ne se gêne pas de nous montrer un Peter Hyams admiratif de son acteur qu’il a déjà employé sept ans plus tôt dans "Outland/Loin de la Terre".

Face au géant, deux jeunes pousses, Mark Harmon et Meg Ryan, dont Sean est le papa pour la circonstance. L'idylle est bien sûr au rendez-vous, s'engage alors un mano a mano entre l'ancien et le jeune loup dont les méthodes sont souvent en opposition avec celle de son supérieur, mais qui finissent toujours par se rejoindre. Pour le coup, Hyams tombe dans une mièvrerie qui plombe une enquête déjà un peu mollassonne. On goûte au passage la présence du toujours solide Jack Warden, qui joue les vétérans que l'inaction pousse dans la marge.

On file tout doucement vers une fin prévisible pour un film de grande consommation qui ne restera pas dans les mémoires.

Loading