11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 13:45

titre original "Off limits"
année de production 1988
réalisation Christopher Crowe
scénario Christopher Crowe
interprétation Willem Dafoe, Gregory Hines, Fred Ward, Scott Glenn


La critique de Didier Koch

Christopher Crowe est un cinéaste de télévision américain, dont le principal fait d'armes a été l'écriture du scénario du "Dernier des Mohicans". Il se lance, en 1988, dans la mise en scène de ce polar, qui flirte sur la vague du buddy movie qui vient juste d'être mise sur orbite par le succès planétaire de "L'arme fatale".

Il embauche Gregory Hines, qui sort d'un film de la même veine sous la direction de Peter Hyams ("Deux flics à Chicago"), et Willem Dafoe, qui commence à se faire un nom à Hollywood depuis "Police fédérale, Los Angeles" et surtout "Platoon".

Crowe, qui rédige le scénario, fait tout ce qu'il peut pour séduire le public. Les films sur le Vietnam ayant la cote depuis "Rambo" ou "Platoon", Crowe transpose son intrigue à Saïgon, ainsi les nouveaux fans de Willem Dafoe qui viennent de le voir dans "Platoon" ne seront pas dépaysés. Tous les clichés du genre policier sont présents et, pour tenter de faire choc comme il est de rigueur à l'époque, Crowe multiplie les scènes racoleuses, comme celle où la bonne sœur, qui met les deux flics sur une piste, entre dans une boîte de striptease sans cligner de l'œil, ou encore celle de l'interrogatoire dans l'hélicoptère où le colonel suspect jette des "Viets" dans le vide au-dessus de la jungle avant de faire lui aussi le grand saut.

Opportuniste en diable, Crowe fait feu de tout bois pour décrocher le jackpot, oubliant au passage sa direction d'acteurs et le thème du buddy movie qui était quand même l'idée de départ. Willem Dafoe "choucrouté" a bien du mal à donner le change dans un emploi qui n'est pas le sien, et Gregory Hines, dont la verve comique est laissée en plan, semble errer comme une âme en peine dans ce policier qui finit par partir complètement en roue libre, tellement Crowe a perdu le fil de son scénario.

Le dénouement final n'apporte aucune originalité à ce film qui a enterré définitivement la carrière sur grand écran de Crowe, qui s'imaginait sans doute tout le contraire quand la Fox lui confia les manettes du projet.

Pour finir de plomber l'affaire, Crowe dispense par moments un discours assez ambigu sur la présence de l'Oncle Sam sur ce territoire d'Extrême-Orient que chacun, y compris aux Etats-Unis, admet à l'époque qu'elle n'était pas utile.

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