Le cinéma américain des années 80 : les films et tous ceux à l'écran ou derrière qui ont fait le cinéma américain des années 80.
There's only one passion more uncontrollable than love.
| titre original | "Revenge" |
| année de production | 1990 |
| réalisation | Tony Scott |
| scénario | Jim Harrison, d'après son propre roman |
| photographie | Jeffrey L. Kimball |
| musique | Jack Nitzsche |
| interprétation | Kevin Costner, Anthony Quinn, Madeleine Stowe, Tomas Milian, Miguel Ferrer, |
| John Leguizamo |
La critique de Pierre
Pendant une large partie de sa carrière, Tony Scott a flirté avec le polar hyper burné. Dès la fin des années 80, il a voulu tourner "Man on fire", qui a finalement échu (pour un temps) à Elie Chouraqui (qui réalisé le film avec Scott Glenn). A la place, Tony Scott a mis en boîte "Revenge", adaptation de Jim Harrison, censée lui permettre d'aller à fond dans le mélodrame couillu et sanglant.
Ce film jouissant d'une bonne notoriété chez les afficionados et chez Quentin Tarantino, j'ai voulu voir. Au final, c'est largement décevant.
Le pitch : un ancien militaire (Costner) part en vacances au Mexique chez un pote à lui avec lequel il a joué au tennis (Anthony Quinn), qui est en fait un grand ponte richissime et carrément gangster. Hélas, Costner tombe amoureux de la femme de Quinn (Costner), et réciproquement. Quinn va leur faire payer grave, et Costner, laissé pour mort, va vouloir prendre sa revenge.
Il y a beaucoup de bonnes choses là-dedans : un environnement inquiétant, genre loi de la jungle, qui permet en même temps un délire western. Le personnage de Quinn est très réussi, ce dernier le rend tour à tour paternel, sympathique et en même temps inquiétant. Son second, Tomas Milian (le vieux général de "Traffic", entre autres), est aussi très convaincant.
Mais Costner est fadasse, d'abord dans un rôle de beau gosse à la Tom Cruise, puis dans le rôle du returner à la Bronson. Surtout, la revenge du titre est complètement aseptisée, voire carrément zappée (le film a eu de gros problèmes de montage, et ça se voit). Et Costner se fait aider de deux acolytes (Albert de "Twin peaks" et Leguizamo tout jeune) qui ne font pas vraiment avancer le truc. C'est dommage, car on sent une vraie volonté du réalisateur de donner dans le romantisme burné et morbide.
Le film aura été un gros échec au box-office, tel qu'il ne sortira pas au ciné en France (il aura droit à une toute petite sortie après le succès de "Danse avec les loups", postérieur d'un an).
Sa revenge, Tony Scott l'aura finalement en 2004 quand il réalisera "Man on fire", qui lui ressemble à plus d'un titre (même découpage en deux parties émotion/revanche burnée, même type d'environnement exotique et hostile à la fois), en beaucoup plus réussi.